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Pourquoi le prix de l'or bat-il les records de 2012 ?
Publié le 13/09/2019
À la fin du mois d’août 2019, le cours de l’or a cassé une résistance qui tenait depuis sept ans, un petit événement chez les spécialistes de l’investissement dans les métaux précieux. À 1.387 euros l’once, le cours a donc égalé son prix du mois de septembre 2012. Pourtant les situations économiques de ces deux périodes ne semblent pas comparables. Explications par Jean-François Faure, président d’Aucoffre.com.

Regardons il y a tout juste un an.

À la fin de l’été 2018. L’or était en berne avec un cours qui allait finir par frôler les 1.030 euros l’once. C’est le 28 septembre que le plus bas sera atteint. Une «dépression» sur le métal jaune qui rendait perplexe certains experts qui avaient du mal à comprendre ce «désintérêt».

Les seules positions acheteuses étaient celles des États qui ont profité de cette opportunité pour reconstituer leurs stocks d’or : la Chine, la Russie mais aussi la Turquie qui a vu sa monnaie attaquée par Donald Trump en août 2018 (source World Gold Council).

Marchés actions et or, parcours opposés en 2018...
Si l’on reprend les historiques des cours des différents investissements, on remarque très vite que le Dow Jones touche un plus haut historique avec plus de 26.800 points quand l’or touche le fond…

À partir du 3 octobre et ce, jusqu’à la fin de l’année 2018, la bourse américaine s’effondre, avec notamment un mois de décembre catastrophique, l’or de son côté entame une remontada. Les courbes sont quasiment symétriquement opposées. Il serait donc facile de dire que les investisseurs favorisent les actions qui grimpent au détriment d’un autre actif qui est en berne et inversement.

Sauf, que dans l’absolu, l’or n’est pas un substitut des actions. Ce ne sont pas les mêmes formes d’actifs. Le placement en faveur de l’un et au détriment de l’autre n’est pas logique.

Mais ce n’est pas le cas en 2019
C’est sans aucun doute une belle illustration de cette absence de corrélation entre les deux actifs. De janvier à août 2019, le cours de l’or prend 30%. Sur une période si courte, c’est impressionnant pour le métal jaune.

Dans le même temps, le Dow Jones reprend des couleurs et atteindra encore un plus haut avec plus de 27.000 points à la mi-juillet, niveau retrouvé en septembre après une baisse en août.

L’or, en revanche poursuivra une augmentation soutenue en cassant quasiment toutes les résistances connues depuis plusieurs années... jusqu’à fin août et le record de septembre 2012.

Pourquoi un tel intérêt pour l’or ?
La première explication, c’est sans doute la politique de taux bas maintenue par les différents banquiers centraux. On a ainsi vu plusieurs fois des taux négatifs pour les emprunts obligataires ou emprunts d’État.

Cela veut donc dire que des investisseurs sont prêts à «perdre» de l’argent pour placer leurs fonds en lieu sûr. Ce que l’on peut aussi traduire par : le placement à faible risque n’est plus rémunéré. Et donc, finalement, l’or, qui est considéré «culturellement» comme «valeur refuge» pourrait avoir plus de valeur.

En effet, l’or n’a pas de «rendement interne», il ne produit pas d’intérêts ou de dividendes, en revanche, sa valeur intrinsèque, à la revente peut être rémunératrice.

Prenons l’exemple d’un Napoléon, la pièce d’or française. Acquise en août 2018 à 200 euros, elle pourrait être revendue aujourd’hui environ 260 euros, soit 30% d’augmentation. Il s’agit bien sûr d’une estimation pour illustrer le propos.

Des craintes économiques
Le maintien des taux faibles par les banques centrales, c’est aussi un signal un peu pessimiste sur les différentes économies.

En effet, même si nous sommes dans un temps où le plein emploi est légion dans les pays développés (sauf en France), il semblerait que les patrons de la finance mondiale aient quelques inquiétudes sur les prochains mois, notamment sur l’économie américaine.

On a lu ces derniers jours les déclarations de spécialistes d’un fonds d’investissement américain. Ils recommandent de prêter directement aux entreprises et aux particuliers pour maintenir l’activité économique et donc pas aux banques comme cela a été le cas pour sortir de la crise de 2008.

D’autres voix s’inquiètent depuis quelques mois d’une bulle autour des prêts étudiants qui cumulent à plus de 1.500 milliards de dollars avec une augmentation des défauts de paiement.

Des tensions géopolitiques multiples
La diplomatie de Donald Trump a stupéfait la plupart des dirigeants de la planète à son arrivée. Aujourd’hui, on sait que le Président américain considère les relations internationales quasiment exclusivement par le prisme de la négociation commerciale.

C’est l’application de son mantra : America First. On note aussi que son principal indicateur de performance de sa politique, c’est la Bourse de New York.

Les économistes sont persuadés que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’est pas bonne pour l’économie américaine. En juin 2019, 600 entreprises américaines (dont WalMart) écrivent à Donald Trump pour lui demander de mettre fin au conflit commercial avec la Chine.

En Europe, l'incertitude autour du Brexit persiste. Pour plusieurs secteurs d’activité, le retour des barrières douanières devrait au minimum gêner le business au moins administrativement.

On a oublié ces longues files d’attentes de poids lourds aux passages des frontières européennes...Avec le Brexit, sans accord de «libre échange» entre l’Europe et la Grande-Bretagne, cela sera à nouveau le cas.

Mais le maillon le plus faible d’Europe est sans doute plus au Sud. L’Italie inquiète fortement parce que sa dette est colossale.

On peut craindre un scénario «à la grecque», à une échelle bien supérieure, l'Italie étant la quatrième économie européenne.
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