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Excuses de la Belgique aux enfants métis de la colonisation
Publié le 05/04/2019
L’État belge vient de présenter ses excuses aux enfants métis nés sous la colonisation au Congo, au Rwanda et au Burundi, qui avaient été enlevés à leurs parents et envoyés en Belgique où ils étaient confiés à des congrégations religieuses ou à des orphelinats.

Jeudi 4 avril, à la tribune de la Chambre des représentants et en présence des d’une délégation de ces métis nés durant les années 1940 et 1950, le Premier ministre belge Charles Michel a présenté les excuses de son pays aux métis, qui avaient été victimes de discriminations durant et après la période coloniale. «Au nom du gouvernement fédéral, je reconnais la ségrégation ciblée dont les métis ont été victimes sous l’administration coloniale du Congo belge et du Ruanda-Urundi jusqu’en 1962 et suite à la décolonisation, ainsi que la politique d’enlèvements forcés y afférente», a déclaré M. Michel.

Le Premier ministre a présenté ses excuses aux métis issus de la colonisation belge et à leurs familles pour les injustices et les souffrances qu’ils ont subies» dès leur naissance dans les colonies belges.

Des milliers d’enfants nés d’un père blanc, agent de la colonie, et d’une mère noire étaient considérés comme une menace par le système colonial. Ils étaient enlevés à leur mère et confiés à des religieux. Entre 1959 et 1962, des centaines d’entre eux ont été envoyés en Belgique où ils ont été adoptés par des familles belges ou placés dans des institutions. «En mettant en place dans l’Afrique coloniale belge un système de ségrégation ciblée à l’encontre des métis et de leurs familles, l’Etat belge a posé des actes contraires au respect des droits humains fondamentaux», a estimé le Premier ministre.

Le gouvernement, a-t-il expliqué, s’est concerté avec l’Association des métis de Belgique pour prendre une série de mesures, notamment administratives, afin de faciliter la consultation d’archives et la réalisation d’une étude. Selon des sources, il y aurait entre 14.000 et 20.000 enfants métis nés dans les trois colonies.

L’ouvrage «Noirs-Blancs, Métis»

Dans son ouvrage intitulé «Noirs-Blancs, Métis», avec comme sous-titre «La Belgique et la ségrégation des Métis du Congo Belge et du Ruanda-Urundi (1908-1960)», paru en Belgique en 2014 (328 pages), le Congolais Assumani Budagwa s’intéressait au sort de ces enfants nés d’unions interdites. Sa quête était de retrouver des enfants métis supposés abandonnés, acheminés dans des «orphelinats» et précipitamment emmenés en Belgique au début des années 1960.

Selon l’auteur-éditeur, le sort des Métis a été un aspect méconnu de la colonisation belge qui, «pour certains Métis et leurs géniteurs, a occasionné des drames humains aux conséquences insoupçonnables».

L’auteur aborde différents sujets tels que l’élaboration de la doctrine coloniale belge sur le métissage, la condition juridique du Métis du Congo belge et du Ruanda-Urundi, leur éducation et leur instruction, la question d’identité, l’accueil et l’adoption des Métis de Save en Belgique, entre 1959 et 1961.

A la lumière des documents d’archives de la colonisation aujourd’hui disponibles, de multiples témoignages et de nombreux entretiens personnels, Assumani Budagwa retrace le contexte de l’émergence de la question des Métis, «ceux qui sont la trace vivante de 80 années de présence coloniale». ACP/Kayu/FMB
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