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La relance des filières café-cacao pour la diversification de l’économie de la RDC
Publié le 20/06/2018
Le ministre d’Etat en charge de l’Economie nationale, Joseph Kapika, a déclaré lundi à Kinshasa que la relance des filières agricoles pérennes figure parmi les préoccupations du gouvernement dans sa quête de la croissance économique et de la diversification de la production agricole. Il a fait cette déclaration à l’ouverture du Forum sur les états généraux des filières café et cacao, placé sous le thème « l’amélioration du climat des affaires dans les filières café et cacao en RDC : enjeux, défis, contraintes et opportunités. »
Le ministre d’Etat, Joseph Kapika représentant le Président de la République à ces assises, a indiqué que ce Forum s’inscrit dans la vision du Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, de faire de la RDC, un pays émergent grâce à l’apport du secteur agricole. Il a souligné que ces assises visent à établir l’état des lieux des filières café et cacao et à formuler des recommandations pour la compétitivité, la relance ainsi que la promotion des exportations de ces produits.

Pour M. Kapika, cette rencontre intervient après la tenue en avril 2018 de la table ronde sur les exportations, précisant qu’au terme de présent forum, tous les ministères sectoriels doivent s’approprier des recommandations en vue de définir les stratégies visant l’accroissement des capacités productives et du volume de production intérieure.

Il a, à ce sujet noté que la contribution des secteurs café et cacao qui étaient autrefois appréciable au budget de l’Etat, sont à ce jour en nette régression à cause notamment, de la faiblesse de la productivité dans le secteur agricole, de problème d’accès aux marchés et de débouchés intérieurs, d’évacuation des produits, de mesures de zaïrianisation de 1973, de l’abandon des plantations du café et du cacao dans les deux anciennes provinces Orientale et de l’Equateur, du vieillissement et du manque d’entretien des plantations existantes, de différentes rebellions et guerres et du double pillage de 1991 et 1993, de la fraude massive à exportation du café et de cacao observée dans la partie Est du pays…

Le ministre Kapika a estimé que la réussite de ce Forum va durablement jeter les bases pour la relance de la production dans les deux filières et la reprise des exportations de ces denrées en vue d’accroitre les revenus agricoles des paysans et du secteur privé, de contribuer à l’épanouissement de l’industrie locale, d’augmenter les recettes en devises de l’Etat et d’améliorer la position de la balance commerciale de la RDC.

Des actions à mener

Il a souligné que certaines actions à moyen et long termes devront être envisagées pour promouvoir la relance effective desdites filières destinées à l’exportation en vue de diversifier les sources de croissance économique et d’approvisionnement en devises du pays. Il s’agit notamment de revisiter la loi portant règlementation de l’agriculture en vue d’attirer les investisseurs dans le secteur agricole et particulièrement dans les filières café-cacao, de redynamiser les activités agricoles notamment celles de rente (café et cacao) ou agro-industrielles, en faible croissance depuis plus d’une décennie par des stratégies, d’accroitre la productivité agricole et d’améliorer la qualité des cultures de rente (café-cacao) destinées à l’exportation par le recours aux nouvelles technologies.

Il s’agit également d’inventorier toutes les unités agro-industrielles des filières café et cacao en vue de leur relance, de mettre fin à la fraude dans les exportations à travers les services opérant aux frontières, d’assouplir les conditions d’accès au crédit agricole pour les paysans et les autres opérateurs économiques intéressés par les cultures de rente (café et cacao), d’envisager à moyen et long termes la transformation sur place de ces produits ainsi que d’investir dans les voies de communication pour faciliter et fluidifier les échanges sur le territoire national.

Des réelles opportunités de mobilisation des recettes

Par ailleurs, le ministre d’Etat au Commerce extérieur, Jean-Lucien Bussa, a indiqué que les filières café et cacao offrent des réelles opportunités de mobilisation de recettes d’exportation pour la RDC. L’économie mondiale cacaoyère, a-t-il expliqué, génère à elle seule plus de 100 milliards de dollars chaque année.

La RDC est très faiblement présente dans le commerce international du café et du cacao et pourtant le pays dispose d’énormes potentialités pour occuper une place de choix dans ce marché international.

Selon lui, pour bâtir une économie cacaoyère et caféière compétitive et durable, il faut résoudre certaines contraintes et relever des défis de ces filières aux niveaux de la production et du financement. Au plan de la production, a dit le ministre d’Etat, il s’avère nécessaire de s’attaquer résolument aux difficultés liées à la faiblesse des mécanismes de financement, à l’encadrement, à la disponibilité des intrants, à la régénération des variétés, à la lutte contre les maladies, à l’amélioration de la productivité, à la qualité et au respect des standards internationaux.

Le second est relatif à l’édification d’une chaine logistique efficiente qui permette de connecter la RDC aux marchés internationaux. Au niveau des exportations, le ministre Bussa a fait savoir qu’il sera question de développer des stratégies adéquates afin d’assurer la connexion du pays aux marchés internationaux.

Vers la création de l’Agence nationale de la promotion des exportations des produits congolais

Le ministre d’Etat Bussa a fait savoir que son ministère envisage de créer une Agence nationale de la promotion des exportations à travers laquelle les filières café et cacao bénéficieront d’un appui majeur. Cette agence aura comme mission d’informer et de conseiller les exportateurs congolais sur les opportunités présentes et futures des marchés porteurs, pour une offre compétitive, d’assurer la veille commerciale et économique au profit des exportateurs, des entreprises et de l’Etat.

Il s’agira en outre de faciliter les relations d’affaires entre les exportateurs congolais et étrangers par des partenariats, l’organisation des rencontres entre les secteurs public et privé, de former les exportateurs aux règles et pratiques du commerce international le ministre de l’Agriculture, Georges Kazadi Kabongo, paraphrasant le Chef de l’Etat, a indiqué que le secteur de l’Agriculture constitue un important pilier pour l’économie de la RDC.

Il a reconnu que ces cultures pérennes café et cacao sont des atouts majeurs dans la lutte contre la pauvreté dans les milieux des paysans et constituent des ressources renouvelables des recettes en devise pour le pays. A ce sujet, Georges Kazadi a laissé entendre qu’il faudra augmenter la qualité et la quantité des produits, promouvoir la consommation totale et l’exportation de ces produits du pays.

La FEC pour la redynamisation des filières café et cacao

De son coté, le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Albert Yuma Mulimbi, a indiqué que la redynamisation des filières café et cacao aura un effet d’entrainement sur les autres filières en amont comme en aval.

Pour lui, les interventions des uns et des autres durant les trois jours des travaux, devront se focaliser sur quatre thématiques à savoir, la production, la recherche, la transformation et les infrastructures de base ; la certification, la normalisation, le marketing et les opportunités de marchés ; le financement, les investissements, l’environnement des affaires et le partenariat public-privé ainsi que l’autonomisation et la prise en charge des femmes et des jeunes dans la production caféière et cacaoyère.

Ce forum, a indiqué le président de la FEC, constitue un cadre de promotion de café et cacao congolais, mais aussi celui de rencontre B2B, offrant l’avantage aux producteurs ainsi que les acheteurs de café et de cacao intéressés de nouer des relations d’affaires ou de partenariat.

M. Yuma souhaite que qu’à l’issue de ce forum, la stratégie du gouvernement pour la relance des filières café et cacao soit validée et que des mesures de leur sauvegarde ainsi de leur développement soient adoptées, les propositions aux différentes préoccupations des producteurs, transformateurs et exportateurs soient adoptées ainsi que les facilités d’accès aux appuis technique et financier en faveur des producteurs de café et cacao soient identifiées et accordées.

Il a souligné que la RDC a la possibilité d’exporter plus que la Cote d’Ivoire en café et en cacao précisant qu’à ce jour, les statistiques montrent que les exportations du pays s’élèvent à 11.000 tonnes du café seulement par an pendant que l’Ouganda produit 230.000 tonnes de café avec des recettes atteignant plus de 700 millions USD.

Cette situation, a poursuivi M. Yuma, engendre chaque année une perte de revenu d’environ de 235 millions USD de manque à gagner important pour l’économie congolaise, avant de signaler que dans les années 70 et 80, les exportations du café de la RDC atteignaient près de 120.000 tonnes. Elles se sont effondrées pendant les vingt dernières années pour atteindre 8.919 tonnes en 2010 pour une recette d’exportation de plus ou moins 17 millions d’USD.

Le président du comité des exportateurs du café-cacao/FEC, Emmanuel Rwakagara, a pour, sa part, fait savoir que la stratégie de relance des filières café-caco en RDC couvre l’ensemble des composantes de la chaine de valeur à savoir, la recherche, la vulgarisation, l’encadrement, la production, la transformation, l’usinage, la commercialisation, la torréfaction et l’exportation. Cette stratégie, a-t-il ajouté, permettra de générer des recettes en milieu rural mais également tout au long de la chaine de valeur. Elle permettra par conséquent la création de nombreux emplois à tous les niveaux des filières.

ACP
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