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L’agriculture et la recherche agronomique : clé du développement économique de la RDC, selon un expert
Publié le 27/04/2018
M. Baudouin Michel, économiste et agronome de nationalité belge, enseignant à l’Université de Liège (Belgique) et à l’ERAIFT (RDC), s’est dit convaincu que l’agriculture demeure la clé du développement économique de la RDC dans un entretien paru dernièrement dans La Libre Afrique.
Selon lui, la RDC pourrait, dans un délai relativement court, se passer de l’aide extérieure en investissant dans la relance de l’agriculture et la recherche agronomique et donnerait ainsi de nombreux emplois aux Congolais, à condition que le gouvernement de la République adopte « une bonne politique » dans ce secteur, en lui accordant un budget conséquent et en orientant les investissements publics et privés vers l’agriculture.

Il a en outre plaidé pour la relance de la filière café, qui se comporte bien sur le marché international, et pour le soutien aux petits planteurs.

La RDC était, jusqu’au début des années 90, un grand producteur africain de café avec une production annuelle de 100 à 120.000 tonnes, « résultat essentiellement du travail de petits planteurs », a-t-il rappelé. Les deux tiers de cette production étaient du robusta, planté dans l’ex-Province orientale, Equateur, Mayombe (Kongo-Central), Maniema et un peu dans le Kasaï, tandis que le reste était de l’arabica, plus prisé, planté dans le Kivu et en Ituri.

Actuellement, la RDC n’exporte plus que 8.500 tonnes, essentiellement de l’arabica, à la suite des ravages des caféiers de robusta par la trachéomycose, une maladie spécifique de cette variété, a précisé le professeur, en y mettant cependant un bémol.

En effet, a-t-il affirmé, de 3000 à 8000 tonnes sont exportées frauduleusement chaque année vers l’Ouganda et le Rwanda, ce qui veut dire qu’en fait, la RDC produirait en réalité 12 à 16.000 tonnes.

M. Baudouin Michel qui est également planteur de café au Kivu, pense que la relance de la filière café au Congo ne peut se faire que sur l’arabica – qui se vend plus cher –et non sur le robusta, dont les rendements sont faibles et les prix de vente moindres sur le marché international. Le robusta se vend en effet aujourd’hui entre 1000 et 1500 dollars la tonne, alors que l’arabica rapporte de 2500 à 3000 dollars/T, a-t-il indiqué.

Il plaide aussi pour le financement de la recherche agronomique, à travers la réhabilitation et la valorisation du Centre de recherche de Yangambi (à 100 km à l’ouest de Kisangani, au nord-est de la RDC) pour trouver des variétés adaptées aux conditions de culture, ainsi que pour le soutien du gouvernement aux petits planteurs en vue de permettre leur accès à ces variétés.

Relancer les activités de Yangambi

Selon ce scientifique, le Centre de recherche agronomique de Yangambi était et reste encore aujourd’hui « un important centre de recherche à revaloriser », après sa dégradation à la suite de la rébellion des Simbas, en 1964.

« Le miracle ivoirien du cacao, qui a fait de la Côte-d’Ivoire le premier producteur du monde avec 45% du marché mondial, est basé sur des plants venus du centre de recherche agronomique de Yangambi », rappelle le Pr Baudouin Michel. « Le miracle malais du palmier à huile, qui a fait de la Malaisie le premier producteur du monde avec 1 million de T/an, est également dû à des plants mis au point à Yangambi », ajoute-t-il.

« Il y a 20 ans, les Vietnamiens ont ramené chez eux des plante de café « petit Kwilu » de l’ouest de la RDC. Ils les ont travaillés dans leurs centres de recherche, sans aide extérieure ni manipulation génétique. Et de cette variété, dont les petits planteurs congolais tirent 175 kg/ha, ils produisent aujourd’hui jusqu’à 12 tonnes/ha. Cela montre ce que la recherche locale peut apporter », souligne ce professeur.

Il conseille en outre aux Congolais riches d’investir dans l’agriculture et au gouvernement de mieux défendre les intérêts du pays en matière agricole, citant l’exemple de la quinine dont la RDC est une grande productrice (80%) dans le monde, position avantageuse dont, cependant, elle ne tire rien de sa positon et cela profite à quatre grandes sociétés pharmaceutiques étrangères exploitant le quinquina dans le pays.

ACP
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