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Actions : pause sur les marchés émergents ?
Publié le 09/04/2018
Le recul de février a été compensé en mars. Mais les investisseurs redoutent les agitations de Trump et le risque de hausse du dollar.
Les gérants de fonds d’actions émergentes ont, en ce moment, la même préoccupation que tous les autres épargnants.

Les menaces de Trump d’un relèvement de certaines taxes douanières pour protéger l’économie américaine risquent d’entraîner une guerre commerciale par le jeu des réactions et contre-attaques successives.

«Jusqu’à présent, après un premier effet de surprise, la plupart des investisseurs n’ont pas pri­vilégié ce scénario», analyse Bruno Vanier, gérant du fonds Gemequity. Mais la situation peut évoluer. Et c’est ce que surveillent les marchés. Les places financières des pays émergents seraient parmi les premières concernées si cette politique protectionniste favorisait une remontée du dollar, qui pénaliserait ces économies.

Dynamique de l’activité
À ce stade, le repli observé en février, susceptible de répliques en dépit du rebond constaté dans la première quinzaine de mars, correspond plutôt, selon Bruno Vanier, à un classique mouvement de correction boursière typique d’un milieu de cycle, et non pas à la fin du marché haussier pour les actions émergentes.

«La croissance des bénéfices des entreprises se confirme en 2018 et la dynamique de l’activité devrait se vérifier lors des publications de résultats d’avril-mai», précise le gérant de Gemway.

Pour le moment, ces arguments convainquent plutôt les investisseurs. «Les marchés d’actions émergents ont connu une année 2017 spectaculaire, mais nous entrevoyons un potentiel haussier supplémentaire, car les investisseurs y affluent de nouveau après les avoir délaissés durant plusieurs années. L’Inde, un des pays que nous privilégions au sein de l’univers émergent, est très représentatif des opportunités disponibles, avec sa croissance auto-entretenue, soutenue par une politique de réformes», explique Isabelle Mateos y Lago, stratège chez Blackrock. «Selon le FMI, le PIB de l’Inde devrait afficher le plus fort taux de croissance au monde en 2018 et 2019.

L’économie indienne est en outre moins corrélée au cycle mondial que la plupart des pays émergents, le marché intérieur apportant la résistance requise en cas de trouble des échanges internationaux», précise Isabelle Mateos y Lago.

Univers hétérogène
Une conviction partagée par l’équipe de Newton IM, gestionnaire spécialisé au sein de BNY Mellon : «Le marché des actions indiennes offre de nombreuses opportunités pour la sélection individuelle de valeurs», indique Sophia Whitbread, gérante actions émergentes chez Newton IM, qui ne considère pas le monde émergent comme un ensemble homogène.

«Tous les marchés émergents ne sont pas égaux», alerte également Fabiana Fedeli, gérante chez Robeco.

Avantage à l’Asie
La Chine semble maîtriser le ralentissement de sa croissance économique à un rythme annuel de 6,5%, malgré la volonté de revanche de Trump à son égard. Bruno Vanier est enthousiaste aussi sur les opportunités en Thaïlande et au Vietnam.

En revanche, si l’Asie suscite plutôt un consensus positif, l’Amérique du Sud divise les gérants.

Fabiana Fedeli juge la croissance brésilienne trop faible, même si elle redevient positive.

Mais pour Bruno Vanier, qui a rencontré des dirigeants d’entreprise au Brésil en février, l’environnement économique du pays s’améliore sensiblement. La demande repart après cinq années de récession, marquée par un recul du PIB de 10% et des coupes drastiques dans les coûts des sociétés.

En tout cas, selon Fabiana Fedeli, les marchés émergents affichent une décote de 25% par rapport aux économies développées sur la base des ratios prévisionnels cours sur bénéfice net par action, et sont à un stade de reprise plus récent, en particulier par rapport aux États-Unis.

Du fait de la progression des profits, Bruno Vanier compare la phase actuelle à la période 2003-2007, quand les Bourses émergentes avaient gagné 200%, même si la liquidité excédentaire se réduit.

L’équipe de Newton IM constate aussi que les actions émergentes, contrairement à de précédents épisodes, ont perdu en février autant que les principaux marchés occidentaux, et non pas davantage, comme cela est souvent arrivé avant 2016.

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