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Les actionnaires grands gagnants de la réforme fiscale américaine ?
Publié le 14/03/2018
Les dirigeants et les actionnaires des grands groupes américains cotés pourraient être les grands bénéficiaires de la réforme fiscale. Le montant des rachats d'actions pourrait atteindre 800 milliards de dollars cette année.
À quoi et surtout à qui va servir la grande réforme fiscale lancée par Donald Trump ? L’abaissement de l’impôt sur les sociétés de 35 à 21% et le choix d’un taux d’imposition à 15% des bénéfices des groupes américains rapatriés aux États-Unis auront-ils des effets vertueux pour l’économie et les entreprises du pays ?

La compilation des différentes estimations de l’aubaine fiscale donne l’ordre de grandeur des sommes que les entreprises cotées américaines vont consacrer au rachat de leurs propres actions et leur progression par rapport à l’an dernier : JP Morgan les évalue à 800 milliards de dollars en 2018 (+50%), pour les entreprises du S&P 500, et Goldman Sachs à 650 milliards (+23%).

C’est «surtout une immense redistribution aux actionnaires [des sociétés cotées américaines] qui se profile», estime Éric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.

151 milliards de dollars depuis janvier
Les premiers pointages semblent montrer que l’impulsion est bel et bien donnée cette année. Selon TrimTabs Investment Research, sur le seul mois de février, pour 113,4 milliards de dollars de rachats d’actions ont été annoncés par les grandes capitalisations de Wall Street (indice S&P 500).

Depuis le début de l'année, le montant s'élèverait à 151 milliards de dollars. Éric Dor précise que d’autres cabinets d’expertise financière arrivent à des montants encore bien supérieurs.

Comme les années précédentes, les actionnaires profiteront de l’impact des rachats d’actions : «Ces achats réduisent également la quantité d’actions de l’entreprise en circulation ; pour un résultat donné, ces achats augmentent donc mécaniquement le bénéfice par action, puisque le dénominateur diminue», explique l’économiste.

Le cours de Bourse reflète en principe cette contraction du nombre de parts du gâteau (dividende) à répartir entre les actionnaires.

Les dirigeants des entreprises cotées, dont la rémunération variable comporte l’attribution d’options sur actions, en seront aussi d’immédiats bénéficiaires.

Dans cette même note, Eric Dor se fait, enfin, l’écho des critiques d’économistes qui pointent les défauts des rachats d’actions : «Redistribuer le cash aux actionnaires plutôt que d’investir - en particulier dans la recherche- risque d’obérer les profits à long terme des entreprises ; il est donc très incertain que les actionnaires gagnent à long terme».
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