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Pétrole : entre le marteau américain et l’enclume saoudienne
Publié le 26/12/2017
L’accord entre l’Opep et la Russie a entraîné un rebond du Brent. À court terme, le prix du pétrole pourrait toutefois être sous pression. Notre analyse et nos prévisions sur le cours de l'or noir.
Le monde de l’or noir est entré dans une nouvelle ère marquée par l’irruption du pétrole de schiste américain. En quelques années, de nouveaux acteurs ont foré des millions de barils.

Ce surplus de l’offre n’avait pas été anticipé, provoquant un déséquilibre sur les marchés. Conséquence : le cours du Brent a chuté de 75% en dix-huit mois, tombant à 28 dollars en janvier 2016.

Depuis, l’Opep, associée à d’autres pays producteurs dont la Russie, a tenté de reprendre la main. Fin 2016, le cartel et ses alliés de circonstance ont décidé de réduire leur production pour soutenir les prix et enclencher un mouvement de baisse des gigantesques stocks d’or noir accumulés depuis 2014. Cette politique a pour le moment été couronnée de succès. Les prix se sont repris de 24% en un an.

Les stocks mondiaux ont fondu de 130 millions de barils depuis juillet 2016, à 2,97 milliards de barils, approchant de leur niveau moyen à cinq ans (2,7 milliards de barils). Forts de cette réussite, l’Opep et la Russie ont, le 30 novembre, prolongé leur accord de neuf mois, jusqu’à fin 2018. D’ici là, les stocks devraient avoir été apurés et l’offre mondiale de pétrole pourrait commencer à souffrir sérieusement du sous-investissement massif de ces dernières années.

À moins que des évolutions inattendues ne viennent à nouveau perturber le marché de l’or noir.

Ce qui peut faire monter les prix
Un rebond significatif de la demande d’or noir, susceptible de faire grimper les prix, est peu probable à moyen terme.

Attendue en progression de 1,6% cette année par l’Agence internationale de l’énergie, puis de 1,3% en 2018, la consommation croît déjà à un rythme soutenu.

Seule une réduction de l’offre d’or noir serait en mesure de tirer le cours du Brent au-delà des 70 dollars.

Plusieurs facteurs pourraient provoquer cette évolution, à commencer par l’éclatement d’une crise majeure au Moyen-Orient, sur fond de tension géopolitique entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Les États-Unis pourraient aussi dénoncer l’accord international signé avec la République islamique et ainsi ôter du marché une partie des 3,8 millions de barils par jour d’or noir du pays.

Un rebond des prix pourrait en outre avoir des causes industrielles et financières. La production américaine a montré quelques signes de faiblesse cet automne, certains spécialistes évoquant un ralentissement des gains de productivité et une volonté des acteurs de privilégier la rentabilité à la croissance de l’extraction.

Si, une fois n’est pas coutume, ce secteur venait à surprendre significativement le marché en réduisant sa production, le cours du Brent pourrait être propulsé vers de nouveaux sommets.

Ce qui peut faire baisser les prix
Aujourd’hui, le risque de voir le prix de l’or noir chuter est tangible. Il a fortement rebondi ces derniers mois dans la perspective de voir l’Opep et la Russie reconduire leur accord. Cette décision entérinée, le Brent pourrait manquer de catalyseurs à court terme.

D’autant que la période hivernale est habituellement marquée par une baisse de la consommation de pétrole. Au-delà de cet aspect conjoncturel, la capacité des acteurs du pétrole de schiste à augmenter leur production demeure le principal risque pour le cours de l’or noir.

L’Agence américaine de l’énergie a, il y a peu, revu en hausse son estimation de production pour septembre, à 9,48 millions de barils par jour, contre 9,34 millions prévus initialement (pétrole brut uniquement). Pour certains spécialistes, le pays pourrait approcher des 9,9 millions de barils dès décembre.

Enfin, un ralentissement économique mondial pèserait sur la demande et donc sur les prix. Les analystes d’UBS estiment que chaque diminution de la croissance d’un point de pourcentage affecte la consommation d’or noir d’environ 0,5 million de barils par jour.

Conclusion : 55 à 60 dollars
Seul un événement géopolitique majeur nous semble réellement capable d’enclencher une hausse significative du prix du pétrole.

La survenue d’une telle crise étant par essence incertaine, nous nous attendons plutôt à voir le cours du Brent sous pression lors des prochains mois.

À 63 dollars le baril, l’or noir cote déjà au-dessus des prévisions du consensus, qui table sur 57 dollars en moyenne pour 2018.

Après quelques mois compliqués, la production américaine devrait reprendre sa marche en avant, portée par la récente revalorisation des cours du brut.

À l’inverse, une rechute des prix sous 50 dollars apparaît également peu probable, sous peine d’étouffer dans l’œuf la reprise des investissements qui sera nécessaire pour répondre à la demande au-delà de 2019-2020.

Nous retenons ainsi une fourchette de prix comprise entre 55 et 60 dollars le baril pour le premier semestre 2018.
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