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Zone euro : le chemin étroit de la BCE
Publié le 22/12/2017
Entre inflation faible et embellie conjoncturelle, la marge de manœuvre sera limitée en 2018.
L’année 2018 marquera-t-elle la fin des rachats d’actifs de la Ban­que centrale européenne (BCE) ? Son président Mario Draghi a confirmé, mi-décembre, la feuille de route qu’il avait tracée le 26 octobre dernier.

Le fameux programme de rachat d’emprunts d’État et d’obligations d’entreprises européennes (quantitative easing ou QE), démarré en mars 2015 dans le but d’abaisser les coûts d’emprunt en zone euro, va ainsi être ralenti de façon très progressive. Jusqu’à l’extinction ?

Vers la fin des rachats d’actifs
Le montant des rachats mensuels avait déjà été réduit de 80 à 60 milliards d’euros en mars 2017. À partir de janvier, le QE sera ramené à 30 milliards, rythme que la BCE s’engage à poursuivre jusqu’en septembre prochain. Mais cette date n’est pas gravée dans le marbre : après avoir indiqué qu’il pourrait «augmenter le programme en taille et/ou en durée» si la con­joncture le nécessitait, Mario Draghi a précisé mi-décembre que l’arrêt du QE ne serait «pas brutal».

Autrement dit, les rachats d’actifs pourraient potentiellement être prolongés au-de­là de septembre 2018. En ou­tre, les titres détenus au bilan de la BCE qui arriveront à échéance vont être réinvestis «aussi longtemps que nécessaire».

Des taux inchangés
À l’image de la stratégie de normalisation menée ces dernières années par la Réserve fédérale américaine (Fed), la BCE entend arrêter dans un premier temps son QE avant de relever ses taux directeurs (dont le principal est à 0% depuis mars 2016). À l’heure actuelle, le consensus des économistes ne s’attend à aucune hausse de taux avant 2019.

Cette feuille de route «prudemment optimiste» s’inscrit dans un contexte de réelle embellie conjoncturelle en zone euro. Sa vigueur a clairement surpris l’institution de Francfort, qui a relevé ses prévisions de croissance de 2,2% à 2,5% pour 2017, et de 1,8% à 2,3% pour 2018, au vu des derniers indicateurs avancés (confiance des entreprises, des ménages…).

Une inflation incertaine
Un facteur pourrait toutefois perturber les plans de la BCE : l’inflation. L’institution entrevoit une poursuite de la faible progression des prix, à 1,4% en 2018, après 1,5% en 2017 (voir le graphique ci-contre). Soit en dessous de son objectif d’inflation «proche de 2%». Un tel rythme autorise une normalisation très progressive de la politique exceptionnelle menée par les dirigeants de la BCE.

«Mais on ne peut pas exclure la possibilité d’une accélération plus rapide des prix, provoquée par exemple par le renchérissement des matières premières ou des coûts salariaux, avertit Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC. Or une telle surprise pourrait provoquer une remontée des taux d’intérêt sur les marchés obligataires européens.» Raison pour laquelle l’évolution de l’inflation devrait être surveillée comme le lait sur le feu par les investisseurs en 2018.
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