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Europe : un excédent commercial trompeur
Publié le 07/08/2017
En matière d’échanges, les pays du Vieux Continent affichent des scores très contrastés.

La zone euro serait-elle un havre de paix pour les échanges avec le reste du monde ? La question n’est pas aussi incongrue qu’il y paraît, si l’on se réfère aux derniers chiffres du commerce extérieur publiés par Eurostat.

En mai 2017, les exportations des dix-neuf pays ayant adopté la monnaie unique ont progressé de 12,9%, à 189,6 milliards d’euros, alors que les importations ont bondi de 16,4%, à 168,1 milliards.

Le solde de la balance commerciale est ainsi positif de 21,4 milliards, ce qui porte à 82,9 milliards l’excédent cumulé sur les cinq premiers mois de l’année, en baisse toutefois de 18,3% par rapport à la même période de l’an dernier.

Le bon élève allemand

Mais les dix-neuf nations sont loin d’afficher des performances équivalentes. De janvier à mai 2017, l’Allemagne est évidemment la première de la zone euro avec un excédent commercial de 101,8 milliards d’euros. Suivent les Pays-Bas (27,2 milliards), l’Irlande (21 milliards), l’Italie (14,6 milliards) et la Belgique (9,4 milliards).

Le pays dirigé par Angela Merkel semble bien parti pour approcher son record de 2016 (252 milliards d’excédent), sans forcément le battre. Le BGA, la principale fédération commerciale allemande, redoute en effet les risques induits par le Brexit ainsi que le virage protectionniste que menace de prendre le président Donald Trump.

À l’inverse, la France se place dans le peloton de queue, avec un déficit cumulé de 36,9 milliards d’euros sur les cinq premiers mois de l’année, devant la Grèce (10,1 milliards) et l’Espagne (9,9 milliards).

Quand on sait que le solde du commerce extérieur est une des quatre composantes du produit intérieur brut (PIB) avec la consommation, les investissements et les dépenses publiques, on comprend que la France peine à se rapprocher du rythme moyen de croissance en Europe ; le commerce extérieur a ainsi amputé à hauteur de 0,8 point la hausse du PIB l’an dernier.

Fait à souligner : l’Hexagone est largement déficitaire avec ses partenaires européens (– 44 milliards), mais il est excédentaire avec le reste du monde (+ 7,1 milliards).

Le poids du déficit anglais

Si l’on prend en compte maintenant les vingt-huit pays de l’Union européenne (UE), les chiffres sont moins reluisants. Le solde du commerce extérieur, –qui était donc positif de 82,9 milliards d’euros en cinq mois pour la zone euro– devient négatif à hauteur de 3,7 milliards.

Raison principale : le déficit commercial du Royaume-Uni, bien qu’en diminution sur un an, atteint la bagatelle de 67,9 milliards d’euros ! Globalement, l’UE est en excédent vis-à-vis des États-Unis (49,2 milliards d’euros), de la Suisse (18,6 milliards), de la Turquie (4 milliards) et du Canada (2,4 milliards). En revanche, elle est déficitaire face à la Chine (66,3 milliards), la Russie (29,5 milliards), la Norvège (12,6 milliards), le Japon (4,9 milliards), l’Inde (2,4 milliards) et la Corée du Sud (1,3 milliard).

Excédent avec les États-Unis

Toutes ces données peuvent paraître fastidieuses, mais elles permettent de mieux comprendre les tensions politiques qui existent entre, d’une part, les États-Unis et l’UE et, d’autre part, entre l’UE et la Chine. Au dernier sommet du G20, qui s’est tenu les 7 et 8 juillet, les États-Unis ont certes accepté de condamner le protectionnisme.

Mais, en contrepartie, les membres du G20 ont reconnu pour la première fois le droit des pays victimes de dumping à recourir à «des instruments légitimes de défenses commerciales». Les menaces de taxes douanières brandies par Donald Trump contre la Chine ou l’acier européen ne sont donc pas à prendre à la légère.
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