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Bourse : gare à la baisse du dollar
Publié le 02/08/2017
L’euro a gagné 10% face au billet vert en six mois. Un handicap pour certains groupes français.

À rebours des paris en vogue chez les cambistes fin 2016, la monnaie unique fait un retour en force.

Depuis le 1er janvier, son taux de change effectif, calculé par rapport aux devises des principaux partenaires commerciaux de la zone euro, s’est apprécié de 4%.

Structurellement soutenu par une balance courante très excédentaire, l’euro a profité ces dernières semaines de l’espoir d’une relance de la construction européenne sous l’impulsion du nouveau tandem Macron-Merkel.

Sa vigueur est aussi le reflet de meilleures perspectives conjoncturelles, visibles dans des enquêtes PMI proches de plus-hauts depuis six ans.

Le match Fed / BCE

Mais plus qu’à un raffermissement de l’euro, on assiste surtout à une chute du dollar. Le billet vert perd 10% face à la devise européenne depuis le début de l’année, un mouvement d’une ampleur assez rare sur le marché des changes.

Ayant effacé dès mi-mai sa flambée consécutive à l’élection de Donald Trump, le dollar pâtit de l’incapacité de ce dernier à faire adopter la moindre réforme d’envergure.

En particulier, son récent échec sur l’abrogation de l’Obamacare compromet le financement des baisses d’impôts promises.

L’accès de faiblesse du billet vert accompagne aussi des doutes sur les intentions de la Réserve fédérale (Fed), qui semble s’acheminer vers une seule hausse supplémentaire des taux cette année.

De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) prépare les esprits à l’abandon de son programme de rachats d’actifs. L’avenir du QE sera décidé «à l’automne», probablement en octobre, a précisé lors de la réunion du 20 juillet Mario Draghi qui a, par ailleurs, refusé de s’émouvoir du récent rebond de l’euro.

Un flegme qui a immédiatement propulsé la devise au-dessus de 1,165 dollar en séance…

Conversion et compétitivité

La remontée de l’euro a pesé ces derniers temps sur les marchés d’actions du Vieux Continent, qui regorgent de valeurs tournées vers l’international.

La moitié des chiffres d’affaires et profits du CAC 40 sont réalisés hors de la zone euro. À la clé, des effets potentiels à la fois comptables (les profits réalisés hors zone euro sont mécaniquement plus faibles une fois convertis) et sur la compétitivité.

C’est typiquement le cas pour les acteurs aéronautiques, qui vendent en dollar. La plupart ont toutefois mis en place des couvertures de changes. Sans compter les industriels qui localisent leur production là où ils vendent, et bénéficient ainsi d’une couverture naturelle.

Au-delà des variations monétaires, le risque pour les groupes présents outre-Atlantique est celui d’un affaiblissement de la croissance américaine.
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