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États-Unis : la Fed marche sur des œufs
Publié le 18/07/2017
L’autorité monétaire durcit le ton avec la réduction de son bilan comme nouvel horizon.

Les deux plus grands argentiers de la planète s’apprêtent à changer de paradigme. Le président de la Ban­que centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a préparé les esprits à un moindre soutien monétaire lors de son désormais fameux discours de Sintra, où il a évoqué, le 26 juin dernier, des «forces reflationnistes». Janet Yellen, la patronne de la Réserve fédérale américaine, distille de son côté l’idée d’une nouvelle étape dans la normalisation de son action.

La Fed a déjà une bonne longueur d’avance, ayant stoppé ses rachats d’actifs (QE) dès octo­bre 2014 et remonté son taux directeur à quatre reprises depuis la fin 2015 (et trois fois ces sept derniers mois). Mais un nouveau tour de vis est attendu d’ici à la fin de l’année. L’Institution va surtout aborder la réduction de son bilan.

Pour 4.500 milliards d’actifs

À la mi-juin, la Fed a précisé le mode opératoire pour «déglonfler» son portefeuille d’actifs, composé de près de 4.500 milliards de dollars de bons du Trésor et créances hypothécaires, contre moins de 800 mil­­liards avant la crise de 2008. Le retrait sera très graduel. Il n’est pas question de vendre des titres, mais seulement de réduire les montants actuellement réinvestis au fil des arrivées à échéance.

Les membres du comité de politique monétaire n’ont pas encore décidé du calendrier. Les dernières minu­tes (résumés des débats), portant sur la réunion des 13 et 14 juin, indiquent que certains sont favorables à un lancement dès septembre, quand d’autres préféreraient encore attendre.

Cette nouvelle étape dans la sortie de mesures monétaires ­exceptionnelles est logique, compte tenu de la dynamique américaine. L’économie reste sur de bons rails en dépit d’un léger passage à vide au premier trimestre. Les doutes sur l’habileté de Donald Trump à faire passer la moindre réforme n’ont guère fait fléchir les indicateurs de confiance

Surtout, les tensions sont de plus en plus fortes sur le marché du travail, qui a affiché, en juin, 222.000 créations d’emplois et une nouvelle haus­se du taux de participation de la population active. Pour la Fed, ce n’est qu’une question de temps avant que la hausse des salaires – incontournable moteur de l’inflation sur la durée n’accélère. Elle estime par ailleurs, comme la BCE, que le récent reflux de l’inflation est temporaire, car lié à la rechute du pétrole.

Remontée des taux longs

La faiblesse de l’inflation a le mérite de relâcher la pression sur la Fed, qui peut ainsi poursuivre tout en douceur son resserrement monétaire. Nul ne sait cependant si cela suffira à empêcher une remontée trop vive des taux d’intérêt à long terme.

Les investisseurs gardent en mémoire l’épisode du printemps 2013 (baptisé taper tantrum), lorsque le marché obligataire avait surréagi à l’évocation d’un ralentissement du QE américain. Pour l’heure, ils ont pris acte, sans s’alarmer, du durcissement de ton de la Fed (et de la BCE) : la remontée des taux souverains, depuis la fin juin, reste contenue.

Mais des deux côtés de l’Atlantique, les banques centrales marchent sur des œufs.
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