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Rencontre Trump-Poutine après six mois de froid
Publié le 08/07/2017
Le président américain Donald Trump s'est entretenu pour la première fois vendredi et pendant plus de deux heures avec son homologue russe Vladimir Poutine en marge du sommet du G20 pour tenter de remettre sur les rails une relation tendue.

Cette rencontre est intervenue dans une atmosphère surchauffée et chaotique à l'extérieur de l'enceinte du sommet, ponctuée de heurts entre policiers et militants antimondialistes dans les rues de Hambourg en Allemagne.

L'entretien - qui a duré deux heures et 15 minutes - a porté sur l'Ukraine, la Syrie, la lutte antiterroriste et la cybersécurité, a précisé le président russe à l'issue de la rencontre, sans plus de détail.

Un accord russo-américain sur un cessez-le-feu dans le sud de la Syrie
Russes et Américains sont convenus vendredi d'un cessez-le-feu à partir de dimanche 12H00 heure de Damas (11H00 HB) dans le sud-ouest de la Syrie, a annoncé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov en marge du sommet du G20.
"Aujourd'hui, dans la capitale jordanienne, Amman, des experts russes, américains et jordaniens (...) se sont mis d'accord sur un memorandum pour la création d'une zone de désescalade" dans les régions de Deraa, Qouneitra et Soueida, a indiqué Sergueï Lavrov. "Dans cette zone, il y aura un cessez-le-feu à partir de midi heure de Damas, à partir du 9 juillet", a-t-il ajouté. Dans un premier temps, "la sécurité autour de cette zone sera assurée par des forces et moyens de la police militaire russe en coordination avec les Jordaniens et les Américains", a précisé Sergueï Lavrov. La Russie et l'Iran, alliés de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles, ont adopté en mai le principe de la création de quatre zones sécurisées pour instaurer une trêve durable dans plusieurs régions. Mais ils ne se sont pas encore entendus sur la façon dont elles seront administrées. Moscou estime que la zone de "désescalade" prévue dans le sud du pays ne peut être mise en place qu'avec l'accord des Etats-Unis et de la Jordanie, pays frontalier de la Syrie. Les trois autres zones identifiées sont la région d'Idleb (nord-ouest), la province centrale de Homs et l'enclave rebelle de la Ghouta orientale (banlieue est de Damas).
"C'est un honneur d'être avec vous", avait déclaré Donald Trump au début de la rencontre en saluant son homologue d'une franche poignée de mains.

Le président américain avait dit espérer que leur discussion apporte "beaucoup d'éléments très positif pour la Russie, les Etats-Unis et tous ceux qui sont concernés".

"Je suis ravi de vous rencontrer et j'espère que (...) cette rencontre se soldera par un résultat positif", avait renchéri M. Poutine. "Nous avons parlé au téléphone, mais les conversations téléphoniques ne sont jamais suffisantes", avait souligné le maître du Kremlin.

Les deux dirigeants ont, avec leur rencontre, manqué une grande partie des discussions sur le climat, particulièrement délicates depuis que Donald Trump a décidé de faire sortir les Etats-Unis de l'Accord de Paris.

- Contentieux -

A son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump, volontiers élogieux à l'encontre de Vladimir Poutine, avait laissé entrevoir un rapprochement entre les deux pays. Ce serait "merveilleux", avait-t-il dit.

Mais l'ambiance s'est depuis vivement refroidie, sur fond de soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et le Kremlin, et de nouvelles sanctions américaines contre Moscou dans la crise ukrainienne. Voir encadré plus bas.

Jeudi à Varsovie, Donald Trump avait critiqué ouvertement le rôle "déstabilisateur" de la Russie, accusée notamment par les Occidentaux de soutenir militairement les séparatistes prorusses en Ukraine.

Les autres motifs de crispation ne manquent pas non plus, de la guerre en Syrie aux soupçons de collusion avec la Russie dans lesquels est empêtré M. Trump.

Sur la Syrie, les Etats-Unis se sont dit prêts avant le sommet à "explorer la possibilité d'établir avec la Russie des mécanismes communs" de stabilisation de la Syrie, dont des zones d'exclusion aérienne.

Outre ce temps fort diplomatique, le G20 débat de sujets difficiles, comme le climat et le commerce, dans un centre de congrès transformé en camp retranché face à des militants anti-G20 déterminés à en découdre.

- "L'enfer" à Hambourg -

La chancelière Angela Merkel a qualifié d'"inacceptables" les manifestations violentes, qui "mettent des vies en péril".

Dans la journée, Melania Trump est restée bloquée dans sa résidence et les pneus des voitures de la délégation canadienne ont été crevés par les protestataires. Ces derniers ont promis "l'enfer" pendant le G20 et battent sans discontinuer le pavé depuis jeudi soir.

"La police de Hambourg n'a pas pu nous donner la permission de sortir" de la maison d'hôte du gouvernement local de Hambourg, splendide villa au bord de l'eau, a expliqué la porte-parole de l'épouse du président américain, Stephanie Grisham.

Des voitures de police ont été incendiées, environ 160 policiers légèrement blessés, et au moins 70 personnes interpellées, selon la police. Aucun bilan des blessés parmi les manifestants n'était disponible.

Devant la multiplication des incidents, les 20.000 policiers déjà déployés dans la ville ont dû demander du renfort.

"tir de sommation" d'un policier attaqué par des manifestants
Un policier pris à partie par plusieurs personnes lors d'une manifestation en marge du sommet G20 vendredi à Hambourg a effectué "un tir de sommation" pour se dégager avant de prendre la fuite, a indiqué la police.
"Un policier a été attaqué par des personnes violentes dans le quartier de Schanzenviertel et a procédé à un tir de sommation", indique sur son compte Twitter la police de Hambourg. Le policier a "pu finalement prendre la fuite dans un magasin et se mettre ainsi en sécurité", selon la même source.
Climat

Dans l'enceinte du sommet, où les Etats-Unis sont à contre-courant de leurs 19 partenaires sur le climat et le commerce, la tension était tout aussi palpable au fil des projets de communiqué final.

"Nous prenons note de la décision des Etats-Unis de se retirer de l'Accord de Paris" sur le climat, dit un texte que l'AFP s'est procuré, qui ajoute que les dirigeants des autres pays considèrent l'accord de lutte contre le réchauffement comme "irréversible".

Les Etats-Unis agitent en outre des menaces de taxes contre la Chine sur l'acier et contre l'Allemagne dans le secteur automobile.

Des contentieux en série
Syrie, Ukraine, accusations d'ingérence russe dans l'élection américaine: les sujets de friction entre Donald Trump et Vladimir Poutine sont nombreux pour leur première rencontre vendredi en marge d'un G20.
Les relations entre les deux pays sont même de nouveau au plus bas, loin des promesses de temps meilleurs esquissées lors de l'élection de Donald Trump.
Syrie, contentieux maximal
Donald Trump a ulcéré Moscou en ordonnant la première riposte américaine contre le régime syrien, allié de Moscou, à la suite d'une attaque chimique le 4 avril imputée aux forces de Bachar al-Assad. Donald Trump a alors jugé "possible" que des Russes aient été au courant de l'attaque et traité le président syrien de "boucher et d'"animal". Il a promis de nouvelles représailles en cas de récidive chimique.
La destruction d'un avion syrien par la chasse américaine le 18 juin, qualifiée "d'agression" par la Russie, a aussi mis de l'huile sur le feu. Les Américains s'inquiètent d'une rivalité grandissante entre cette force et l'armée syrienne alors que la bataille pour la reprise de Raqa, dernier grand fief de l'EI fait rage.
Pour les mêmes raisons toutefois, Donald Trump qui a fait de la lutte contre l'EI une priorité, pourrait être tenté de chercher un terrain d'entente avec Moscou avant d'avancer vers une déséscalade en Syrie.
Ingérence russe, poison lent
Les promesses de réchauffement se sont également brisées sur les accusations de collusion entre la Russie et des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump. Plusieurs enquêtes, dont l'une menée par le FBI, sont en cours sur ces liens avec la Russie. Donald Trump a rejeté ces accusations avec force.
Il a concédé en revanche jeudi à Varsovie que la Russie, mais peut-être aussi d'autres pays, avaient pu interférer dans l'élection américaine.
En octobre 2016, toutes les agences du renseignement américain avaient fait état publiquement d'une ingérence de Moscou. En janvier 2017, elles précisaient que Vladimir Poutine en avait lui-même donné l'ordre.
Ukraine et sanctions
A l'Otan fin mars, la nouvelle administration américaine a condamné l'"agression" russe contre Kiev, en référence à l'annexion de la Crimée et au soutien russe présumé aux rebelles séparatistes dans l'est de l'Ukraine.
Le 20 juin, les Etats-Unis ont annoncé un renforcement des sanctions contre la Russie afin de "maintenir la pression" dans le dossier ukrainien. La Russie dément tout soutien militaire aux rebelles prorusses et, profitant du sommet du G20, a affirmé que ces sanctions étaient assimilables à du protectonnisme caché.
Corée du Nord, nouvelle ligne rouge
Donald Trump a promis une réponse "sévère" après le premier tir mardi par la Corée du Nord d'un missile balistique intercontinental, capable d'attendre l'Alaska selon les experts, et réclame de nouvelles sanctions contre Pyongyang. La Russie a bloqué toutefois un projet américain de déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à prendre des "mesures significatives" contre Pyongyang.
Frictions autour de l'Otan
Moscou perçoit toute extension de l'Otan comme un signe d'agression à son égard et ne cesse de dénoncer la politique d'"endiguement" de l'Alliance atlantique visant la Russie. Les Russes ont à plusieurs reprises estimé qu'une accumulation des forces de l'Otan dans les pays Baltes, à la frontière russe, enfreignait l'équilibre des forces.
Pour sa part, le président américain Donald Trump a appelé l'Otan à se concentrer notamment sur "les menaces de la Russie", lors d'un sommet de l'Alliance fin mai à Bruxelles.
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