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Royaume-Uni : le Brexit entre dans le dur
Publié le 27/06/2017
Les pourparlers en vue de la sortie de l'Union ont démarré dans un climat d'incertitude.

Ce sont des travaux dignes de ceux d’Héraclès qui ont commencé le 19 juin au Berlaymont, l’imposant bâtiment en forme de croix où siège la Commission européenne.

Près d’un an après le référendum où 51,9% des Britanniques se sont prononcés pour une sortie de l’Union européenne et près de trois mois après avoir lancé formellement la procédure de retrait, Londres et Bruxelles doivent maintenant s’accorder sur les termes du divorce, avec une date butoir au 29 mars 2019.

Pour cette entrée en matière, Michel Barnier, négociateur en chef pour l’Union européenne, a d’ailleurs offert à titre symbolique un bâton de randonnée à David Davis, ministre britannique en charge du Brexit, qui lui a remis un livre intitulé… Regards vers l’Annapurna !

«Une des tâches les plus complexes de l’Histoire»

L’enjeu est considérable, car la «perfide Albion» devra renégocier 759 accords internationaux, comme l’a comptabilisé le Financial Times.

Avec, pêle-mêle, la question du statut des 3 millions d’Européens installés outre-Man­che (et celui du million de Britanniques expatriés dans l’Union), le sort de la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande (pays membre depuis 1973 et de la zone euro depuis 1999) et le problème du règlement financier au titre des engagements pris qui pourrait dépasser 50 milliards d’euros.

Autant dire que «le Brexit apparaît comme l’une des tâches bureaucratiques les plus complexes de l’Histoire», constatent les experts d’Aurel BGC.

Or, après son revers électoral du 8 juin, le parti conservateur est devenu minoritaire à la Chambre des communes avec 318 sièges sur 650, la chef du gouvernement n’est plus en position de force pour négocier un Brexit dur. «Theresa May est une morte vivante.

La seule question est de savoir combien de temps elle restera dans le couloir de la mort», a ironisé George Osborne, ancien chan­celier de l’Échiquier de David Cameron, congédié sans ménagement, lors de l’entrée en fonc­tion de Theresa May, le 13 juillet 2016.

Tensions inflationnistes

La voie choisie sera-t-elle pour autant celle d’un Brexit doux ? Rien n’est moins sûr, car les Tories sont tentés de négocier un accord avec le DUP, cette petite formation ultra-conservatrice présente en Irlande du Nord et pro-Brexit, qui leur permettrait, avec ses dix élus, d’atteindre la majorité à la Chambre des communes.

En tout état de cause, cette situation ajoute des incertitudes à un moment où la croissance britannique s’essouffle (+0,2% au premier trimestre 2017 contre +0,7% au quatrième trimestre 2016) sur fond de faiblesse de la livre sterling (en baisse de 13% contre l’euro sur un an) et de tensions inflationnistes.

Trois des huit membres de la Banque d’Angleterre ont d’ailleurs voté, le 15 juin, en faveur d’un relèvement du taux d’intérêt directeur, qui reste néanmoins fixé à 0,25% depuis le 4 août 2016.

Dans ce contexte, la Bourse de Londres est à la peine, avec une avance limitée à 5% depuis le début de l’année. «Nous nous attendons à une fuite vers la qualité dans un premier temps, les investisseurs privilégiant les entreprises qui réalisent leurs bénéfices à l’international», analyse David Docherty, gérant actions britanniques de Schroders.

“Les sociétés centrées sur le marché de la consommation domesti­que, sensibles à l’évolution économique, devraient être vulnérables face à la baisse de la livre sterling. D’autres secteurs (ban­ques, logement et immobilier en général) devraient aussi souffrir», conclut David Docherty.

Souffrir, le terme est fort à propos. Il a fallu dix ans à Héraclès pour terminer ses douze travaux, il ne reste plus que vingt et un mois à Theresa May pour terminer les siens. Une gageure ?
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