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Le risque français avant l’élection, quelles actions acheter ou vendre
Publié le 27/02/2017
Selon les experts d'UBS, une victoire de Marine Le Pen à l'élection présidentielle provoquerait une baisse du CAC 40 de 25%.

Felix Huefner et Karen Olney chez UBS se sont penchés sur la perspective des élections présidentielles en France le 23 avril et le 7 mai prochain, avec un risque de « dislocation » sur les marchés.

Les actions françaises ont participé au rally européen des valeurs cycliques au second semestre 2016, mais elles ont négligé l’élargissement de l’écart de rémunération entre la dette française et allemande, estime la stratège Karen Olney. Cela alors que l'évolution du CAC 40 est très corrélée depuis quatre ans avec le spread entre l’OAT et le bund.

Les actions françaises se traitent habituellement avec une décote sur la valeur d’actif (price to book) d’environ 10% par rapport au reste de l’Europe. Cette décote est actuellement proche de 15%, alors qu’elle atteint près de 40% pour les pays dits périphériques de la zone euro.

Un risque extrême pour les marchés

Le potentiel de baisse atteint donc 25% selon les experts d’UBS si le risque extrême survient (avec un retour sur les ratios de valorisation de juillet 2012 quand l’avenir de l’euro était mis en doute et que l’écart de rémunération entre la dette espagnole et allemande avait atteint 635 points de base).

Si, au contraire, le soulagement et la réforme sont au rendez-vous, les stratèges de la banque suisse anticipent un tournant favorable pour les actions européennes, comblant ainsi le gap de flux constaté sur les ETF actions depuis un an de 253 milliards de dollars avec les Etats-Unis, malgré des nouvelles économiques positives en zone euro.

Les ratios de valorisation pourraient alors gagner près de 10% sur les niveaux actuels (pour revenir aux niveaux atteints en avril 2015 avec un Per à douze mois proche de 17 et un price to book voisin de 2).

L’élection de Marine Le Pen augmenterait les craintes des investisseurs, selon UBS, compte tenu de sa proposition de réintroduire une monnaie nationale et de lancer un référendum sur l’adhésion de la France à l’Union européenne.

Au contraire, les promesses de réformes d’Emmanuel Macron et de François Fillon, incluant une plus grande flexibilité sur le marché du travail, un allongement de l’âge de la retraite et moins de dépenses publiques, sont de nature à séduire les investisseurs.

Des réformes structurelles favorisant la productivité permettraient d’améliorer les perspectives de croissance à long terme de la France, selon l’économiste de la banque, Felix Huefner.

Des valeurs refuge recherchées

Dans le scénario de risque extrême où Marine Le Pen serait élue, UBS préconise de privilégier des actions « refuges » qui s’apprécient quand les spreads obligataires grandissent en zone euro, exposées hors de l’Europe, dans des secteurs défensifs ou de croissance: des actions suisses, la pharmacie, Danone, L’Oréal, Essilor, Rémy Cointreau, Bic, Sodexo.

Au contraire, UBS conseille d’éviter les secteurs qui baissent quand les écarts de taux s’élargissent, avec une exposition domestique et de la dette, comme les valeurs financières, la distribution, les utilities. La banque suisse est négative dans ce scénario sur BNP Paribas, Société Générale, Saint-Gobain, Carrefour, Axa, Engie, Klépierre, Unibail Rodamco, EDF, Orange, Casino.

Une issue du scrutin plus favorable pour les marchés, avec le succès d’Emmanuel Macron ou de François Fillon, favoriserait la prise de risque, selon UBS, entrainant une meilleure performance des actions françaises comparées aux actions allemandes.

UBS préconise alors de privilégier des entreprises dont les coûts salariaux sont élevés en France : Crédit Agricole, Elior, Vinci, Worldline, Capgemini, Thales, Accorhotels.
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